Songe d’une nuit d’été

Ariel ne sait pas si elle rêve, mais elle ne s’en soucie guère. Tout ce qui compte c’est le parfum enivrant de la lavande qui s’accroche à ses ailes, la caresse de l’air sur sa peau lorsqu’elle prend tout doucement son envol et la créature d’exception qu’elle a à son bras. Ses pieds quittent à peine le sol. Après tout sa compagne – humaine – ne vole pas.

Au loin, les feux de Beltaine scintillent, des menhirs dressés fièrement vers le ciel se dessinent dans la nuit, les silhouettes dansant autour des flammes aussi. Des chants résonnent dans la vallée avec la puissance d’un charme magique ouvrant un portail entre deux mondes. Celui des rêves ou celui des légendes d’un peuple disparu depuis des générations ? A cela, Ariel, n’a pas de réponse et, tout bien considéré, cela n’a aucune importance. Pas maintenant. Pas quand deux yeux noirs la dévisage avec envie. La stupeur et l’incrédulité après leur première rencontre ont fait place à une fascination sans nom. Des lèvres pleines, une bouche entrouverte et une peau sombre fardée par les reflets argentés de la lune sont une invitation de plus. Leurs paumes, puis leurs lèvres se touchent, se découvrent, s’apprivoisent. Enfin, leurs corps s’entremêlent. Le temps semble suspendu, leurs étreintes ont un parfum de merveilleux.

Les premières lueurs du jour inondent l’horizon. Ariel s’éveille, seule, blottie dans les herbes hautes. Sa mémoire commence à lui faire défaut. Seul persiste le nom d’une autre que le vent lui souffle à l’oreille : « Hermia ». Il se perd déjà dans un murmure lointain. Mais, cette fois-ci, la Fée ose se poser la seule question qui compte vraiment : rêve ou réalité ?

FIN

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Crédit image : Chez Thibaut (Une fée dans la nuit).

Histoire postée sur Ao3 également.